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[SbS] Morphée par Maïwenn (Encres couleurs)

maiwenn

Quand Maïwenn décide de fanarter Morphée, personnage de Yami, ça donne une explosion de couleurs qui pétille et ravit les yeux... Fleurant l'intérêt des admirateurs et des curieux pour un step by step de cette illustration, Maïwenn nous le propose sur son blog. Il ravira tout particulièrement, outre les amoureux de la couleur, ceux qui désirent utiliser de la drawing gum sans réussir ou sans trop savoir comment faire. Enjoy !



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Matériel

 

  • Papier :  il s'agit d'un bloc Hahnemühle (j'adore les papiers de cette marque) de 265g/m² en fibres de bambou.
  • Drawing gum : c'est une Winsor & Newton (la même marque que mes aquarelles) que j'ai commandé chez le Géant des beaux-arts. J'étais anti drawing-gum jusqu'à décourvrir cette marque, elle est super fluide et permet donc de faire des protections "propres", elle bousille moins les pinceaux et elle se retire tellement facilement que c'en devient un jeu! Si elle m'a un peu arraché le papier, je pense que c'est parce que la feuille avait gondolé et qu'une "flaque" d'eau s''était formée sur le visage de Morphée, du coup, quand j'ai appliqué ma drawing gum, la zone n'était peut-être pas parfaitement sèche.

 

Step by step

 

Note : les images sont relativement petites parce que les photos ayant quasiment toutes été prises de nuit ou au moins à la lumière de ma lampe de bureau (merci l'hiver), leur qualité n'était de toute façon pas géniale.

Je commence par entièrement recouvrir de drawing gum la lune et la trainée de papillons formant la future voie lactée.

 

02

 

Je détrempe ma feuille. Je la peins entièrement au colorex bleu, excepté autour de la luciole où je pose un halo vert avec un mélange de colorex ocre et vert luciole (qui en fait est émeraude, d'où l'ajout de jaune pour combler l'arnaque). Concernant le bleu, je prends garde de laisser la trainée de papillon ainsi que le tour de la lune relativement pâle.

 

 

Hop, c'est au tour de Morphée d'être étouffé sous le latex, je le recouvre entièrement de drawing gum lui aussi afin de le protéger du barbouillage du ciel. Je détrempe ma feuille pour la deuxième fois et sploutch sploutch les couleurs qui ressortiront dans la nuit, le tout en essayant d'épar épargnant la proximité de la lune et le halo de la luciole qui en séchant est venu éclairer le visage et le pantalon de Morphée. Tant mieux, merci la magie de l'eau!

Tout en y apportant quelques couleurs, j'essaie là encore de garder la trainée de papillons assez pâle.

Sauf que vu le massacre qui a suivi, je ne suis pas sûre que cette étape de pré-couleur ait servi à grand chose.

 

 

 

Ah c'est beau comme ça hein? Eh bien s'il n'y a aucune photo intermédiaire c'est parce que j'étais trop crispée à rattraper mes bourdes au fur et à mesure qu'elles apparaissaient pour prendre l'appareil en main.

Petite explication : J'ai redétrempé pour la troisième fois ma feuille et ai fait sploutch sploutch l'encre de chine (pour avoir de vrais beaux noirs) en laissant des zones de couleurs entre les trainées noires du ciel. J'ai ensuite soupoudré de sel (que j'avais oublié dans la cuisine, donc insérez à ici une scène de galopade pour aller le chercher avant que tout ne sèche). Et tout en faisant autre chose, j'ai attendu que ça sèche et que le sel fasse effet.

Sauf que j'avais appris (et donc oublié) avec l'artrade de Jackpot que l'encre de chine réagit de façon particulièrement virulente au sel, contrairement aux encres colorées. Là où j'espérais avoir de jolies marbrures et petits effets d'étoiles lointaines, je me suis retrouvée avec un ciel pestiféré couvert de vérole (non sérieux, pour comprendre essayer le coup du sel sur l'encre de chine). ETAT D'URGENCE! Je reprends mon pinceau et à coup d'eau et de sopalin j'estompe tout ça pour me retrouver avec un ciel... gris.

Je rebarbouille d'eau, cette fois je ne prends QUE mes colorex et c'est directement à la pipette que je laisse tomber mes gouttes de couleur et de noir. Je les modèle et fond les unes aux autres au pinceau, le tout dans la plus grande appréhension. Je reeeesaupoudre de sel en essayant d'en mettre très peu sur le ciel coloré et beaucoup aux abords de la voie lactée de façon à avoir un maximum de marbrure pour accentuer le côté lumineux. Et j'attends que ça sèche [insert appréhension again please]

Une fois tout ça sec (et encore plus beau que je ne l'espérais après toutes ces galères), je prends mon acrylique blanche (parce que je trouve que pour rajouter des éclaboussures, l'acrylique est ce qui reste le plus blanc et mat en séchant.), je prend ma vieille brosse à dent et je la frotte sur une sorte de gros peigne pour faire toutes mes étoiles. Là encore, j'essaie d'en pulvériser plus autour de la voie lactée pour la lumière, gnagna...

 

 

Etape jouissive depuis que j'ai acheté THE marque de drawing gum parfaite : je libère monsieur.

 

 

Après avoir baigné dans la félicité grâce à la facilité avec laquelle ma drawing gum se retire, je la maudis de tout mon coeur l'espace de quelques secondes. Sur toute la zone protégée (un bon tiers de la feuille quand même), la seule micro zone où cette fichue gomme à masquer m'arrache un bout de papier est PILE SUR LA PAUPIERE DE MORPHEE!!! Je redessine l'oeil au crayon. Bon, je sais que j'aurais intérêt à être prudente niveau peinture sur cette zone, parce que peindre sur du papier abîmé/arraché, c'est comme peindre sur du sopalin, on ne contrôle plus rien.

Sinon, l'encre de chine a un peu traversé la protection au niveau de ailes, mais vu le nombre de fois où la feuille a été noyée sous l'eau et la couleur, ça aurait pu être pire.

 

 

Morphée est habillé tout en blanc, ou presque, je pose donc mes quelques couleurs de base mais ça se résume à pas grand chose. Je laisse des zones bleutées sur le sac, je pose une base violette pour ses chaussures et puisque mon ciel étoilé dans lequel je voulais de l'émeraude pour aller avec le turquoise de Morphée a entièrement viré au rose et violet, je pose une base d'ombres violettes sur le marchand de sable. Violet que j'aurais dû faire beaucoup plus dense, mais j'en suis encore à "ne pas oser" quand je peins.

 

 

Je renforce mes ombres de bleu turquoise mélangé à du gris de payne (mon combo favori, mon pinceau à réserve d'eau à viré au bleu à force de travailler toujours sur cette teinte! XD)

J'ose (yepee!) l'aplat d'ombre sur la face de l'aile qui ne reçoit pas la lumière de la lune et tout d'un coup, ça a un peu plus de gueule.

 

 

La dernière étape est composée de plein de micro-étapes que je n'ai pas photographié parce que je ne pense pas qu'on ait fait la différence. Dans l'ordre :

- Je rajoute les noirs (du gris de payne en fait, je suis accro au gris de payne) et par la même occasion je fais mon "encrage", à savoir que je prends un pinceau taille double zéro et que je peins tous les contours de la couleur adéquate (ici un mélande bleu turquoise et gris de payne, quel hasard!) que je dilue beaucoup pour réhausser de façon très légère tout ce qui est touché par la lumière de la luciole.

- Je prends ma gouache et je rajoute les dernières lumières en surlignant les ailes, les chaussures et quelques bouts de vêtements. Lumière jaune/vert pour ce qui est touché par la lumière de la luciole, lumière bleutée pour ce qui est touché par la lueur de la lune, c'est vraiment pas grand chose mais ça joue.

- Toujours à la gouache, je massacre j'utilise intelligemment un pinceau de peinture blanche en le tapotant sur ma feuille autour des papillons pour donner cette effets de poudre lumineuse/lumière magique. Je prends ensuite mon crayon et mon pinceau 00 avec du violet dilué pour resuggérer les papillons dans le vrac blanchâtre.

- Je prends un crayon de couleur violet (oui, j'utilise toutes les techniques possibles, tant que j'obtiens ce que je veux) et je redonne à toutes les ombres une teinte violette pour accorder Morphée à l'ambiance du ciel, tout ça parce que j'avais été trop timide lorsque j'avais posé mes premières ombres. ^^'

- Je rajoute quelques liserés de lumière au stylo gel blanc autour de la lune, de la luciole et sur les endroits les plus proches de la lumière de l'insecte. Et voilàààààààààààààààààà!

 

 

Ce qui me désole sur cette peinture, c'est que pour la version photographiée comme pour la scannée, il y a "quelque chose" sur l'original qui manque à l'écran. Bouhouu, vilain nordinateur...

Voilà! J'espère que ça vous aura un petit peu éclairé sur ma façon trèèès conventionnelle de peindre. Et bravo à vous si vous avez eu le courage d'avaler mes pavés de texte jusqu'au bout!

 

Questions / Réponses

tiré du blog de Maïwenn =)

 

An : Au fait, pour avoir cette qualité de detail, quel format?

24x32cm! Je me sentais trop à l'étroit sur un A4. Outre l'épaisseur du papier, le détail technique qui m'a aidé à choisir le format final, c'était que ça rentre dans la plus grande de mes enveloppes afin de pouvoir envoyer Morphée à sa maman. ^o^;


Gwenaëlle : Comment fais-tu pour ne pas achever ton pinceau avec la drawing gum ? Parce que les miens... Ils en bavent... ^^'

Déjà, je n'utilise que des pinceaux synthétiques pour ça parce que j'ai l'impression que les poils accrochent moins le latex (et aussi parce qu'au prix du pinceau en poils de martre, je bichonne mes chéris et évite de les envoyer à l'abattoir! XD; )

Sinon, j'utilise une technique dont je ne suis pas sûre qu'elle marche vraiment que je fais systématiquement quand même, à savoir que je savonne et essuie mon pinceau sans le rincer avant d'utiliser ma drawing-gum, ça permet au latex d'éviter de s'incruster trop profondément. Et aussitôt mon application finie je retourne au lavabo laver mon pinceau au savon.

Après, avec mon ancienne drawing-gum, même cette technique ne suffisait pas à protéger le pinceau et j'ai des jolis boudins de caoutchouc montés sur manche en bois parmi mon matériel de dessin. =')

Du coup, je pense que la marque de la drawing-gum compte pour beaucoup, celle que j'utilise maintenant (la Winsor & Newton) me laisse les pinceaux quasiment nickels.